thumb 259Ce document est extrait du cahier Aprélia-PartaTESSA destiné aux directions d'école qui souhaitent développer une culture d'accompagnement en vue de soutenir l'ADPC* des acteurs de l'équipe pédagogique. Intitulé Transformer les processus d’enseignement-apprentissage : Accompagner les enseignant.e.s, coaching et mentorat, ce cahier vise à aider les directions d'école à : 

  • Faire la distinction entre le coaching et le mentorat, et identifier la manière dont ils peuvent être utilisés pour soutenir le développement professionnel du personnel in situ.
  • Réfléchir et discuter avec des membres du personnel qui contribuent à l’amélioration des enseignements-apprentissages dans l'école.
  • Planifier et offrir des sessions de coaching et de mentorat avec des résultats préalablement bien définis.
  • Peser les avantages d'une culture d’accompagnement professionnel dans l'école.

*ADPC : Apprentissage et Développement Professionnel Continu

Extraits des pages 18 à 23  :

Les coaches et mentors de qualité ont en commun de nombreuses valeurs et pratiques :

 


• Elles/Ils s’engagent à apporter leur soutien sur une période suffisamment longue pour qu’une relation de confiance puisse s’établir et se développer au fil des entretiens. Notez bien que des effets bénéfiques significatifs découlant de mentorat et de coaching n’apparaissent qu’au fil du temps.
• Pour chaque entretien, l’accompagnateur/trice (coach ou mentor) s'assure que le lieu, le moment et l’ambiance sont appropriés. Parfois, cela signifie qu’il s’agira d’un entretien hebdomadaire, toujours dans la même pièce. Parfois, il s’agira de rencontres moins régulières, organisées selon les besoins. Il peut arriver que les échanges ne prennent que quelques minutes, aient lieu entre deux portes, mais, habituellement, il faut prévoir au moins une demi-heure. L’accompagnateur/trice doit s’assurer que l’entretien ne court aucun risque d’être interrompu ou perturbé par une tierce personne.
• L’accompagnateur/trice est en mesure de bien faire comprendre à la personne accompagnée que les entretiens sont exclusivement centrés sur ses besoins professionnels propres.


Pour le bon déroulement de l’entretien, il y a un certain nombre de choses à faire et à éviter:


• Mettez tous les téléphones portables sur silencieux et rangez-les.
• Si vous êtes assis.e, placez les sièges l’un à côté de l’autre, légèrement en biais, à une distance suffisante pour que la personne accompagnée ne se sente pas intimidée. Cela est particulièrement important s’il s’agit d’une femme et d’un homme. Evitez de vous asseoir derrière votre bureau.
• Si, en tant qu’accompagnateur/trice, vous avez besoin de prendre des notes, demandez à votre interlocuteur/trice si cela lui convient. Demandez-lui également si elle/il souhaite lui-même prendre des notes.
• Pensez à maintenir le contact visuel et à montrer que vous écoutez attentivement en hochant la tête de temps à autre.
• Mettez-vous d'accord sur la durée de l’entretien en tout début de session.
Il est temps maintenant de commencer l’entretien. Vous allez tout d’abord vous pencher sur le rôle de coach, et ensuite sur le rôle de mentor.

Se préparer pour un entretien en tant que coach

Dès le moment où vous démarrez la séance, concentrez toute votre attention sur la personne que vous accompagnez.
Votre première tâche est de faire en sorte qu’elle se sente bien à l’aise. Ensuite, demandez-lui ce dont elle souhaite parler, puis demeurez dans une position d’écoute attentive et bienveillante. Quand elle arrête de parler, demandez-lui si elle souhaite en dire plus.
Restez aussi immobile que possible. Tout ce qui distrait votre collègue risque de perturber le fil de ses réflexions. Observez comment elle/il s’assoit et comment elle/il se tient. Essayez d’adopter la même attitude, en miroir, tout en restant naturel.le.
S’il se penche en avant, faites-en de même ; s’il fait un geste de la main, reproduisez-le. C’est d’ailleurs ce qui se passe très naturellement dans une conversation fluide (mimétisme social).
Vous pouvez aussi utiliser la reformulation pour vous assurer d’avoir bien compris ce que veut dire votre collègue.

Si votre séance de coaching porte sur un sujet précis sur lequel vous vous êtes mis d’accord au préalable (Voyez la ressource 2, qui montre un exemple d'utilisation du coaching portant sur le contrôle continu des élèves), vous devrez encore, avant toute chose, écouter ce que la personne que vous coachez connaît de cette question.

Effectuer une séance de coaching peut s’avérer très fatigant, parce que, tout au long de l’entretien, vous devez maintenir une écoute très attentive, en vous plaçant en observateur extérieur de vous-même, de votre interlocuteur, et de la relation que vous établissez. Comme vous devez pouvoir fournir à votre interlocuteur/trice des commentaires appropriés et utiles, vous devez également effectuer un travail de mémorisation intense. Pensez à prendre en note quelques mots-clés ou des phrases bien choisies. Habituellement, les accompagnateurs/trices s’assurent d’avoir l’accord de la personne accompagnée, en demandant par exemple : « Voyez-vous un inconvénient à ce que je prenne quelques notes ? »

Quand vous effectuez votre rétroaction, comme vous devriez le faire régulièrement, employez des formulations telles que :

Au début, vous avez parlé de….Puis, vous avez continué en décrivant…

Quels sont ceux qui vous intéressent le plus ?

Par quoi est-ce que vous souhaitez commencer ?

Cette première étape peut prendre un certain temps, ce dont la personne accompagnée parle en premier n’étant pas toujours sa première préoccupation. Prenez votre temps, évitez de la brusquer. Laissez plutôt la conversation suivre son cours naturel.
Une fois que vous êtes convaincu.e que votre interlocuteur/trice a bien abordé le sujet dont elle/il veut vraiment parler, vous êtes probablement prêt.e à identifier avec elle/lui le résultat attendu de l’entretien. Vous pourriez par exemple avoir recours à une formulation du genre:

Donc, à l’issue de l’entretien, nous devrions être parvenus à …..…

Pour ce faire, vous devrez réfléchir ensemble à ce que vous considéreriez comme un résultat positif de l’entretien.
Tout au long de la séance, observez les variations de l'expression de votre interlocuteur/trice, la manière dont ses mains bougent et accompagnent ses propos (langage corporel), cela vous fournira des indications précieuses sur ses ressentis. Soyez également très attentif/attentive aux mots et expressions qu’elle/il utilise, par exemple :

Je me sens totalement abandonné.e à moi-même, sans aucune aide

En fait, tout le monde se fiche bien des élèves en difficulté

Dans cette classe, ils ont toujours du mal à saisir les notions difficiles

En réponse à de telles affirmations, vous pourriez dire par exemple :

Pouvez-vous m’en dire un peu plus là-dessus ?

Vous voulez dire, vraiment personne ?

Vous venez de dire « toujours ». C’est bien ce que vous voulez dire ?

Cette forme d’interrogatoire vise, en quelque sorte, à « décrypter » les propos de votre collègue.
Votre tâche finale consiste à vous mettre d’accord sur les actions à entreprendre suite à la séance, et sur ce que la personne accompagnée va s'engager à réaliser. Demandez-lui de mettre par écrit ce qu’elle a l’intention de mettre en œuvre et définissez ensemble le calendrier correspondant.
Vous devriez toujours terminer ces séances, en vous engageant de la manière suivante :

Sous trois semaines/Demain/Avant notre prochaine rencontre, je vais…

Le fait de synthétiser ses réflexions et de clarifier toute incertitude qui pourrait subsister aidera grandement votre collègue à choisir sa prochaine étape, de façon pertinente et réaliste. Vous clôturerez la séance en récapitulant ce qui a été effectué et en convenant d’une date pour votre prochaine séance de coaching.

Se préparer pour un entretien en tant que mentor

Mettre à l'aise la personne accompagnée est tout aussi important pour la/le mentor que pour la/le coach. Si vous ne démarrez pas de façon adéquate, le fait que vous jouiez le rôle d'un.e professionnel.le plus compétent.e, offrant expérience et expertise, est susceptible d’intimider fortement votre collègue. Il est donc d’autant plus important de vous souvenir que, si vous restez assis.e derrière votre bureau, vous risquez de ne pas réussir à apporter à votre collègue l’aide dont elle/il a besoin. La bienveillance de votre regard, la gentillesse avec laquelle vous la/le conduisez dans la pièce, la manière dont vous l’aidez à s’installer de façon confortable et dont vous vous asseyez auprès d’elle/de lui, tout cela facilitera le bon démarrage de l’entretien.
Comme précédemment, il est souhaitable de lui demander la permission de prendre des notes et de lui préciser qu’elle/il peut en faire de même si elle/s’il le désire.
Peu importe comment vous commencez l’entretien, mais il est probable que ce sera en lien avec des échanges préalables :

Nous avions dit que nous nous rencontrerions pour discuter de la prise en compte des TP dans l’évaluation continue

Suite à nos échanges sur l’aide aux élèves dyslexiques lors de la dernière réunion pédagogique…

Quand je suis venu.e vous rendre visite dans votre classe hier, j’ai remarqué que …

Lorsque vous êtes arrivé.e parmi nous, nous avions convenu de nous rencontrer toutes les semaines pour…

Comme dans le cas du coaching, la personne mentorée doit décider ce qu'elle veut faire. Pour lui venir en aide, il est souvent utile de résumer ce que vous avez retenu de ses propos, les contributions que vous avez apportées et ce que vous avez élaboré ensemble. Vous devriez alors vous mettre d’accord sur le résultat de la séance et sur ce que s’engage à faire la personne que vous aidez.

A vous de jouer maintenant !
Nous vous invitons à vous entraîner à pratiquer les deux types de rôles, tantôt coach, tantôt mentor, avec un.e de vos collègues de l'équipe de direction. Vous allez donc tou/te.s deux participer à un jeu de rôle.
Votre collègue va jouer le rôle d'un.e enseignant.e qui a besoin de votre aide pour résoudre une difficulté précise. Dans un premier temps, vous vous placerez dans la position de mentor; à l'issue de cette première phase, votre collègue et vous-même évaluerez votre "prestation", les points forts comme les points à améliorer.
Vous choisirez ensuite une situation où vous jouerez le rôle de coach et effectuerez de même un retour sur la séance de coaching.
Peut-être pourriez-vous ensuite échanger vos places, de façon que vous-même jouiez le rôle d'une personne qui reçoit de l'aide. Il est toujours intéressant et enrichissant de changer de point de vue, surtout dans ce type de situation qui requiert des capacités d'empathie.
Vous pourrez utilement consulter la ressource-clé TESSA intitulée Utiliser les jeux de rôles, l'expression orale et l'art dramatique dans la classe

La collection de cahiers pour directions d'école de l'initiative ACQA** d'Aprélia également déclinés en Parcours en ligne.

**Améliorer Continûment la Qualité des Apprentissages